Hello les Avgeeks ! Aujourd’hui, je vous propose la 2e et dernière partie du reportage dans les coulisses des terminaux 2A, 2B, 2C et 2D. Après la visite du bâtiment de jonction entre les terminaux 2A et 2C dont je vous parlais la semaine dernière, nous nous sommes dirigés vers un espace réservé, invisible du grand public d’où les 4 terminaux sont surveillés. Il s’agit du Poste de Commandement Intégré… C’est parti pour la visite de ces coulisses inédites et passionnantes !

Nous avons été accueillis par Catherine Toussaint, qui supervise les 4 équipes qui composent le PCI (Poste de Commandement intégré). Elle nous a fait visiter les locaux et nous a présenté le rôle et le fonctionnement de chaque équipe, présentes 24h/24 et 7j/7. Tous travaillent côte à côte pour s’informer les uns les autres en cas de souci dans les aérogares. Leur rôle est d’assurer la surveillance des terminaux grâce notamment aux 9 000 caméras de CDG (oui oui,  ils voient tout !) et surtout de coordonner les interventions si elles sont nécessaires.

1e équipe : le SSISP, le Service de Sécurité Incendie et de Secours à la Personne

Les pompiers qui composent ce poste interviennent chaque jour sur des situations très différentes. La plus banale ? Le malaise d’hypoglycémie de monsieur ou madame Tout-le-monde qui, stressé par le voyage, a omis de déjeuner. Les pompiers, alertés par un appel ou par la vidéosurveillance, se rendent en binôme dans le terminal munis de deux sacs de secours, et vont porter assistance à la victime. Le bilan de la personne est communiqué par radio puis si besoin, des services de secours extérieurs sont appelés en renfort. Cela peut arriver lors d’interventions pour des malaises cardiaques notamment, fréquents en aéroport.

Les pompiers sont également  les premiers à intervenir en cas d’incendie. Ils surveillent tous les bâtiments via les écrans ci-dessous où chaque étage de chaque terminal est représenté.

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En cas d’ouverture d’une porte coupe-feu ou de signalement d’un dégagement de fumée, des alertes visuelles apparaissent et permettent une intervention rapide.  Le rôle des pompiers est alors de défendre les personnes et les bâtiments en limitant la propagation d’un feu et en facilitant l’évacuation et l’intervention de secours extérieurs (via la création de places de parking improvisées par exemple à proximité du terminal).

2e équipe : le poste de Sûreté

C’est ici que sont gérés les PIF (Postes d’Inspection Filtrage) par lesquels vous passez afin de vérifier que vous n’emportez rien de dangereux dans vos bagages à mains avant l’embarquement.

3e équipe : le poste de Contrôle Intégré

Ce poste est contacté par les compagnies quand elles rencontrent un souci. Par exemple si un bagage est abandonné, le poste de contrôle est prévenu et fait intervenir les autorités compétentes. De même si un café est renversé dans l’aérogare, c’est d’ici que part la demande d’intervention d’une équipe de nettoyage. Autre souci possible, un problème à une banque d’enregistrement : ce poste est chargé de résoudre le problème et doit s’assurer de la bonne livraison des bagages aux soutes de l’avion. Ce sont plusieurs dizaines de banques d’enregistrement qui fonctionnent chaque jour dans les terminaux 2A, 2B, 2C et 2D. Autant dire qu’un incident est vite arrivé, la vigilance est de mise.

4e équipe : le poste des Affectations Secondaires

Cette équipe occupe également un poste-clé puisque c’est elle qui gère le placement des avions, les portes d’embarquement, etc… On pourrait penser que seules les compagnies suivent les opérations ayant lieu autour de leurs avions au sol, que nenni ! Le poste surveille toutes les opérations de déchargements et chargements des avions dès qu’ils sont au bloc.

Toutes ces équipes sont complémentaires, d’où la nécessité de les avoir les unes à côté des autres. C’est fascinant de voir comme tout est surveillé au millimètre et rassurant dans la mesure où toutes les équipes sont aux aguets et prêtes à intervenir en cas d’incident pour que les passagers soient le moins impactés.

La découverte de la salle du PC Crise…

Il est des situations dans un aéroport qui nécessitent la constitution d’un Poste de Commandement de Crise. Nous avons eu le privilège, toujours avec Catherine Toussaint comme guide, de découvrir la salle où se réunit le PC de Crise des terminaux 2A, B, C et D. Comme vous l’imaginez, les événements qui conduisent à l’ouverture d’un PC Crise sont fort heureusement rares, mais graves.

Parmi les événements les plus tragiques, on se souvient du crash du Concorde à Gonesse le 25 juillet 2000 ou encore de la dramatique disparition du vol AF447 Rio-Paris. D’autres circonstances perturbant le trafic justifient l’ouverture d’une cellule de crise, comme les chutes de neige abondantes en 2010 qui avaient paralysé le ciel parisien.

Pour mener le PC Crise, on fait appel au Directeur de Permanence de la Plateforme ou bien on nomme d’office un Chef. Quelle que soit la raison de la constitution d’une cellule de crise, la procédure à appliquer est consignée dans des manuels. Pour garantir une action rapide et une efficacité maximale le jour J, chacun est responsable d’une tâche spécifique, répétée régulièrement lors d’entraînements. Le nombre de personnes qui compose le PC est volontairement limité. 5 à 6 personnes maximum pour CDG et 2 à 3 personnes pour Orly. Ce sont souvent des volontaires qui composent la cellule, aidés par d’autres personnels eux sur le terrain. A noter qu’il existe un PC crise pour chaque terminal et ensuite un plus global qui les supervise si besoin.

La dernière fois que la cellule a été activée, c’était en raison de l’incident survenu à l’aéroport d’Orly Sud en mars dernier. Une militaire qui patrouillait dans l’aérogare avait alors été attaquée par un homme qui tentait de lui voler son arme. Si la situation a rapidement été maîtrisée, l’événement n’a pas été sans conséquence sur le trafic. Bien que la fermeture de l’aéroport soit LA chose à éviter, il n’y a là pas eu d’autre choix. Pendant quelques heures, les deux terminaux d’Orly sont restés fermés pour sécurisation. Les avions qui étaient en partance pour l’aéroport ont ainsi été déroutés sur CDG, d’où la nécessité de former une cellule de crise. Cette dernière a permis d’accueillir 32 avions jusqu’à 12h30.

Des coulisses inédites et passionnantes, merci à Paris Aéroport et à tous les personnels présents d’avoir partagé avec nous leurs missions au quotidien.

Le nouveau siège de Paris Aéroport en quelques mots…

A l’issue de la visite du PCI, nous avons eu l’honneur de visiter le tout nouveau siège social de Paris Aéroport. Un bâtiment fraîchement sorti de terre, moderne et vraiment magnifique. Il accueille environ 350 salariés. Je vous laisse découvrir les quelques photos ci-dessous :

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Le clou de cette visite : la terrasse ! Car oui, il y a une terrasse, qui offre un magnifique panorama sur les pistes, le Terminal 1 et au premier plan, le Concorde de CDG. Auparavant, le siège de Paris Aéroport se trouvait dans le 14e arrondissement de Paris. Ces nouveaux bureaux permettent aux salariés de se rapprocher de l’ensemble de leurs clients. Des services sont à leur disposition comme une salle de sport et une cafétéria. Nous sommes sur la terrasse au moment du coucher du soleil, splendide ! (pour un Avgeek, c’est beaucoup + sympa qu’un coucher de soleil sur une plage quelconque ! 😉 )

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Il n’y a rien de mieux que ces photos pour conclure ce reportage. Le 12 avril dernier a été une très belle journée pour la passionnée que je suis, d’abord dans les coulisses de XL Airways puis dans les coulisses du Terminal 2. Beaucoup de découvertes et de privilèges, merci à tous les organisateurs qui ont rendu cette journée possible et merci à tous les participants présents qui ont contribué à faire de cet événement une réussite !

Retrouvez les précédents articles de ce reportage sur la journée du 12 avril dans les coulisses de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle par ici :

A très bientôt les Avgeeks, prenez soin de vous…

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