Si vous avez toujours rêvé de devenir pilote ou de connaître les sensations du pilotage, vous avez sûrement déjà pensé à l’expérience des simulateurs de vol. Dans cet article, je vous propose de partager avec vous mon vol avec…Flight Experience !

L’expérience en détails

Flight Experience, c’est une entreprise spécialisée dans la simulation aérienne sur Boeing 737-800 pour le grand public. Elle propose dix centres de vols partout dans le monde : principalement en Australie (Adelaïde, Brisbane, Melbourne, Perth et Sydney), à Singapour, Hong Kong, Jakarta, Bangkok, au Kuwait et en France, à Paris. En 2011, les simulateurs de Flight Experience ont reçu la certification Boeing « Official Licenced Product« .

C’est à Noël que j’ai eu le plaisir de recevoir en cadeau une séance dans le simulateur de Paris. Un pack de 45 minutes appelé « Circuits villes » comprenant 2 tours d’un aéroport de mon choix (24 000 aéroports dans la base) et un atterrissage sur un aéroport technique là aussi au choix avec : St Martin, l’ancien aéroport de Hong-Kong Kai Tak ou l’aéroport d’Innsbruck dans les Alpes. Le rendez-vous était pris pour un dimanche après-midi d’avril ! Car oui, il faut réserver en avance, le délai d’attente pour un vol le week-end est de 4 mois.

A noter : la présentation très sympathique du voucher qui met déjà dans l’ambiance !

Boarding Pass Flight Experience
Boarding Pass Flight Experience © Sophie Figenwald

Nous voici donc le jour du départ devant le centre 15 minutes avant l’heure du décollage (et bien oui, il faut être présent pour le briefing !), dans le 12e arrondissement de Paris :

Extérieur Flight Experience Paris © Sophie Figenwald
Extérieur Flight Experience Paris © Sophie Figenwald

Arrivés à l’accueil, nous (je dis « nous » car vous pouvez emmener deux passagers avec vous qui prendront place sur les sièges arrières dans le cockpit !) sommes invités à remettre notre pass d’embarquement puis prenons place dans un canapé pour la séance de briefing. Mon copilote (pilote professionnel) arrive alors, s’installe avec nous et nous présente le Boeing 737-800 via un diaporama sur un écran TV. Il nous questionne sur notre intérêt pour l’aviation, demande si on sait ce qu’est un tour de piste (il était ravi qu’on lui épargne l’explication visiblement 🙂 ) et me demande quels deux aéroports j’ai choisis. Pour le premier, j’ai opté pour l’aéroport de la Réunion (RUN) et pour le plus technique, celui de Kai-Tak, l’ancien aéroport d’Hong-Kong, me souvenant des impressionnantes vidéos et photos vues sur l’aéroport. Après un « très bien, on se retrouve à la Réunion », le copilote nous laisse un moment, le temps de visionner une vidéo d’une petite dizaine de minutes sur le simulateur et les commandes de l’appareil. Autant dire que quand on est novice comme moi sur les commandes, il est impossible de retenir toutes les informations données. A la fin du film, le copilote revient nous chercher et c’est parti pour le simulateur qui se trouve à l’étage.

Nous entrons dans l’avion et trouvons à droite, un poster représentant la cabine avec les 189 passagers et prenons à gauche direction le cockpit. Immédiatement, avant même de passer la porte, je suis saisie par le réalisme. Le poste en lui-même est à l’identique d’un B738 sur le marché mais surtout, les écrans, déjà programmés sur la Réunion, permettent de vraiment se projeter dans le rôle de commandant de bord. Je dois bien avouer que jusque là, j’étais survoltée et impatiente et que soudain, le moment est devenu un peu plus plus solennel et sérieux. Comme si j’allais vraiment piloter un avion, avec tout ce que cela représente de technique et d’inconnu. Je prends place à gauche dans le cockpit, le siège du commandant, et le copilote me tend une casquette de commandant pour LA photo officielle.

© Sophie Figenwald

Je rends la casquette une fois la photo prise et puis les choses sérieuses commencent. Le copilote prend sa place et démarre par les explications nécessaires à la réalisation du premier tour de piste. On passe en revue les palonniers, le manche, les manettes de gaz, les volets, la tirette pour sortir le train, le frein de parking, les écrans de contrôle de l’altitude et de la vitesse et encore d’autres éléments indispensables à la réalisation d’un décollage et d’un atterrissage. A ce stade là, une fois encore, je vous mentirais si je vous disais que j’ai tout retenu d’un coup. Mais finalement, n’est-ce pas en faisant qu’on apprend ?

Alors c’est parti. Je monte les gaz à 15%, une fois que le bruit (très réaliste) nous indique que les moteurs ont chauffé, je coupe le frein de parking, pousse les manettes de gaz à fond et c’est parti ! je gère la trajectoire au sol avec les palonniers (dur dur d’appuyer avec mes petits pieds !), on passe devant le terminal de Gillot et le 777 Air Austral garé (là encore, + 1 pour le réalisme) et c’est parti, au signal du copilote je tire sur le manche à 15° ! Constat direct : le simulateur n’est pas sur vérins (le fait de ne pas mettre les ceintures m’avait bien mis la puce à l’oreille cependant…), et ce n’est donc qu’avec le paysage et les instruments de bord qu’on se dirige. Petite déception… Arrivés à 2500 pieds d’altitude (je ne suis plus très sûre de tous ces chiffres je vous avoue, ne m’en voulez pas si je fais des erreurs), on stabilise l’altitude et virage à gauche pour entamer le tour de piste. Les virages tiens, parlons-en. Comme on n’a pas la sensation de tourner, on ne se réfère qu’aux instruments. Ce n’est donc pas évident de savoir si on tourne trop fort, ou pas assez. Le copilote rattrapait de ce fait tout le temps la trajectoire. Je dois avouer que ce n’est pas très sympathique du coup, on ne sait pas bien ce qu’on fait et malgré les indications du copilote, je n’ai pas eu le sentiment vraiment de contrôler ne serait-ce qu’un peu l’avion. Après quelques minutes arrive le dernier virage et le début de la descente en vue de l’atterrissage. Je suivais tant bien que mal les indications du copilote sur la vitesse et l’altitude pendant que lui gérait les gaz (et bien oui, on ne peut pas tout faire en même temps du premier coup !). Là encore, aucun sentiment de véritable contrôle, le copilote gérait la descente et la trajectoire, je me suis sentie plus spectatrice qu’autre chose.

J’ouvre ici une petite parenthèse technique : il faut bien dire qu’il vaut mieux être grand dans un cockpit. Je ne sais pas si dans les vrais avions le siège est réglable en hauteur (j’en doute) mais ça n’aurait pas été de refus sur un simulateur grand public où l’intérêt est aussi je pense de voir les paysages et pas uniquement les instruments. J’avoue avoir dû me soulever du siège quasiment pour pouvoir apercevoir la terre et notamment, « last but not least » la piste d’atterrissage.

La piste de Gillot est en vue ! © Sophie Figenwald
La piste de Gillot est en vue ! © Sophie Figenwald

Arrivés au sol (et plus précisément sur la piste, grâce au copilote), je n’avais qu’une hâte, c’était recommencer en étant plus indépendante et maître de l’aéronef. D’ailleurs, l’arrivée au sol est un peu étrange. On n’a ni le son, ni la sensation du toucher des roues au sol. Difficile de sentir donc le moment auquel on atterrit véritablement, ni même de faire la distinction entre le toucher du train arrière et celui du train avant. Mais bref, on remet les gaz à fond et c’est reparti !

DSCN1329
Sur la piste de Gillot – Aéroport de la Réunion © Sophie Figenwald

Cette fois, moins d’explication de mon formateur du jour, je tâche de me débrouiller seule. Au moment du virage à gauche, dommage, le copilote m’alerte sur mon virage trop serré et le fait que les passagers sont tous malades à l’arrière… Désolée ! Et ainsi de suite durant les quelques minutes, on poursuit le vol jusqu’à la descente et l’alignement avec la piste d’atterrissage. Cette fois par contre, le copilote me laisse faire; hormis vers la fin où l’on était un peu trop juste niveau vitesse et où il a dû remettre un peu de gaz et rattraper de ce fait la trajectoire de l’avion. On touche le sol et c’est parti pour l’inversion de poussée jusqu’à l’arrêt total de l’appareil au milieu de la piste. C’est dommage d’ailleurs que l’on n’ait pas, même brièvement, simulé un roulage vers le parking. Ca aurait été un petit plus je trouve.

Quelques instants avant de le dernier virage pour entamer la descente vers la Réunion © Sophie Figenwald
Quelques instants avant de le dernier virage pour entamer la descente vers la Réunion © Sophie Figenwald

Petit débriefing puis on passe à la phase technique avec l’aéroport de Kai Tak à Hong-Kong ! Cet aéroport est fermé depuis 1998, suite à sa dangerosité mais aussi aux nuisances sonores qu’il engendrait et à sa capacité devenue trop faible par rapport au développement de la ville de Hong-Kong. Pour ceux qui ne connaîtraient pas cet aéroport et l’approche qu’il nécessite, voici une photo qui résume bien la dangerosité du lieu :

© Airliners.net / Martin Dostdijk
© Airliners.net / Martin Dostdijk

L’aéroport a été construit entre les montagnes ce qui nécessite en approche finale un virage très serré à basse altitude au-dessus des habitations et immeubles. Autre difficulté, la piste construite sur un terre-plein étendu à de nombreuses reprises reste courte. Inutile de vous dire que lorsqu’il était encore en service, l’aéroport a du causer quelques sueurs froides chez des pilotes !

Dès le départ, mon copilote m’avertit sur la complexité technique de l’atterrissage, le guidage d’abord qui doit se faire à l’aide de repères lumineux se trouvant directement sur les bâtiments de la ville puis le dernier virage à droite très serré avant de s’aligner sur la piste. On s’élance donc, moi pas très confiante mais sachant pertinemment que le copilote s’occuperait de tout. Du coup, on part pour l’atterrissage de jour, et là premier problème, je ne vois pas du tout les lumières censées guider ma trajectoire. Embêtant me direz-vous, oui effectivement. Ne pas avoir de repères est plutôt handicapant. Du coup, je prends une trajectoire approximative et ne gère pas correctement mon altitude et ma vitesse. Le copilote ne m’avertit pas et bien sûr, tout se complique au moment du dernier virage. On s’aperçoit qu’on n’a plus assez de vitesse, qu’on risque plus d’atterrir dans le terminal que sur la piste mais le copilote reprend les commandes et gère je ne sais comment malgré tout un atterrissage dans les règles sur la piste. Dommage que le copilote ne m’ait pas corrigée à temps pour que je puisse moi-même contribuer à un atterrissage réussi.

Suite à cet « échec », le copilote nous propose de refaire un essai, de nuit cette fois. Je précise ici que cela n’est normalement pas inclus dans le pack, après je ne sais pas si c’est un geste commercial ou bien si c’est proposé à tout le monde. On repart donc de nuit, la ville de Hong-Kong toute illuminée et enfin, je perçois les fameuses lumières-guides. Cette fois, le copilote prend un peu plus les commandes qu’auparavant et gère un atterrissage parfait. La contrepartie c’est qu’évidemment, j’étais plus spectatrice qu’actrice là encore.

Puis fin de l’expérience, petit débriefing et sortie de l’avion. Les 45 minutes de vol sont passées à une vitesse incroyable !

Survol de nuit de la ville de la ville de Hong-Kong en vue de l'atterrissage © Sophie Figenwald
Survol de nuit de la ville de la ville de Hong-Kong en vue de l’atterrissage © Sophie Figenwald

Bilan de l’expérience

Alors oui, j’ai été un peu longue pour tout vous raconter. J’espère que ça n’aura pas été trop long. Au global, j’en retiens une très bonne expérience mais à nuancer de quelques « moins ». D’abord, le simulateur ne bouge pas (ce n’est précisé nulle part sur le site). Certes c’est peut-être mieux et ça évite d’être malade mais ça enlève un réalisme qui fait pourtant tout l’intérêt d’un simulateur. Pendant mon immersion chez Air France à CDG, j’avais eu l’occasion d’entrer dans un simulateur avec une fausse cabine, et je dois dire que le fait d’être sur vérins rend l’expérience très très réaliste et aboutie. Passée cette première déception, je regrette que mon copilote n’ait pas été un peu plus pédagogue encore. Même s’il l’était et m’a bien expliqué les choses, je pense qu’il aurait pu me guider encore davantage, pour corriger certaines de mes erreurs sur le moment plutôt que de rattraper en phase finale d’approche et de me dire a posteriori ce que j’avais mal fait. On n’a finalement que 3 ou 4 mouvements, c’est très peu pour apprivoiser un minimum les commandes du simulateur alors ce serait plus productif je pense de réagir de suite. Le discours quelque peu commercial tout du long correspondant à dire « vous ne vous en êtes pas trop mal sortie / j’ai vu bien pire / c’était pas mal » n’étaient également pas vraiment nécessaires. Soyons honnêtes, je n’ai pas été très douée et je le savais bien, d’autant plus que l’exercice n’est pas évident quand on n’a jamais piloté. J’aurais préféré là encore qu’on détaille mes erreurs que d’entendre un discours bien rodé.

En somme, si vous êtes un passionné, que vous savez à quoi ressemble un cockpit et que vous connaissez un peu les règles de bases et instruments de base pour piloter un avion sur Flight Simulator par exemple, c’est une expérience à faire une fois mais je pense que cela vous suffira. Au contraire, c’est un cadeau très sympathique je pense pour les novices qui veulent goûter à l’expérience du pilotage.

Le prix des packs va de 169€ pour 30 min à 379€ pour 1h30. Il faut réserver en avance (3 à 4 mois pour des vols le week-end notamment).

Et vous, avez-vous déjà vécu l’expérience d’un simulateur de vol ?

Advertisements