Ryanair fait partie des compagnies low-cost que l’on connaît le mieux puisqu’elle fut l’une des premières à proposer des services à bas-prix. Fondée en 1985 par le bien connu Michael O’Leary, elle défraye régulièrement la chronique et apparaît dans la presse comme une compagnie qui « abandonne ses passagers » ou encore qui veut les faire voyager debout. N’ayant jamais eu l’occasion de voler avec cette compagnie, j’ai proposé à un fidèle lecteur du blog de partager avec nous ses expériences avec Ryanair. Est-ce que ses impressions confirment cette mauvaise réputation ?

Boeing 737 Ryanair sur le tarmac de Bournemouth © RYRthebest / Flight Report

Ryanair dans la presse

Essayez de taper « Ryanair » dans Google Actualités. Les résultats sont nombreux et quasiment tous négatifs. On y retrouve une énième enquête de l’UE qui examine les accords passés entre la compagnie et l’aéroport de Carcassone, mais aussi l’histoire des passagers restés bloqués 24h au Maroc la semaine dernière et qui se sont dits abandonnés. Et puis bien sûr, on tombe sur un article faisant état de nouvelles mesures destinées à économiser du carburant en partant plus léger grâce à la réduction du format du magazine de bord. Autant d’articles qui correspondent à la piètre image qu’on peut se faire de Ryanair : une compagnie qui économise jusqu’au moindre centime, qui passe des accords douteux avec les aéroports en imposant ses conditions et qui, puisqu’elle économise sur tout, ne s’occupe pas correctement de ses passagers. On ne paie pas cher donc on n’a pas le droit à un service de qualité en somme. On est d’accord, c’est un peu exagéré mais ça reste dans cet esprit.

Cette « bad reputation » colle bien aussi au personnage de Michael O’Leary, le PDG-fondateur. Un brin provocateur, il ne manque pas une occasion de titiller ses concurrents comme récemment au mois de mars. Pour vous poser le contexte, la compagnie belge SN Brussels Airlines se plaignait de la concurrence déloyale de Ryanair qui bénéficie selon eux de conditions avantageuses à Charleroi, d’autant plus qu’ils paient leurs impôts en Irlande. Michael O’Leary  a répondu sur le ton qu’on lui connaît : « Il [le directeur de SN Brussels Airlines] dit que nous avons moins de frais parce que nous volons sous régime irlandais et que nous payons nos taxes là-bas. Et bien bougez en Irlande SN Brussels Airlines ! C’est ce que l’on appelle la compétition ! ». Une provocation parmi d’autres.

Mais finalement, qu’on parle en bien ou en mal de Ryanair, il faut reconnaître qu’ils ont le mérite qu’on parle d’eux, beaucoup plus que de n’importe quelle autre compagnie low-cost d’ailleurs.

A l’intérieur d’un Boeing 737 de Ryanair © RYRthebest / Flight Report

Le point de vue du côté passager

N’ayant jamais eu l’occasion de voler avec Ryanair, j’ai fait appel à l’un des fidèles lecteurs de ce blog qui voyage régulièrement avec la compagnie irlandaise pour qu’il nous donne son avis de passager. Un grand merci à lui d’avoir partagé ses impressions et observations, résumées ici en quelques points :

  • Des tarifs d’appel imbattables : on connaît les vols easyJet aller simple à 30 euros pour un départ de province (en région parisienne, les tarifs de la compagnie orange sont cependant bien plus proches de ceux des compagnies nationales) mais là, Ryanair fait encore plus fort : un vol A/R Paris Beauvais – Bologne à 12 euros par exemple ! Et encore, ce n’est rien par rapport aux vols à quelques centimes d’il y a quelques années ;
  • Les terminaux à bas-coûts sont généralement plus rudimentaires mais fonctionnels ; à noter cependant que certains sont parfois sous-dimensionnés (peut-être victimes de leur succès) ce qui peut poser problème en cas de plusieurs départs simultanés ;
  • Pas de plateau-repas évidemment comme sur la plupart des low-cost et au vu du prix des sandwichs et autres à bord (5 euros le sandwich, 3 euros la bouteille d’eau), mieux vaut emporter son propre déjeuner sous peine de doubler le prix du billet rapidement (et oui, comme le billet n’est pas cher à la base, ça grimpe vite !);
  • Niveau confort, les sièges ne s’inclinent pas ; une économie de plus qui peut poser problème pour les vols de plusieurs heures ;
  • Certains des aéroports desservis par Ryanair sont éloignés des villes elles-mêmes (Paris -Beauvais ou encore Francfort Hahn) et donc peu pratiques. Pour d’autres, ils sont très bien situés :  directement intégrés (via ou non des terminaux low-cost rattachés) comme à Marseille avec le MP2 ou aux Canaries quand on considère les vols loisirs; ou à proximité de votre lieu de résidence ou de votre destination pour les touristes à Béziers ou Tours ;
  • Arriver 1h avant le décollage est suffisant ; on gagne donc du temps. Attention néanmoins si vous partez d’un aéroport plus fréquenté, plus de temps peut être nécessaire ;
  • Des passerelles télescopiques à Barcelone et Madrid même pour les low-cost, autrement il faudra se contenter des bus ou de la marche pour rejoindre l’avion ou les terminaux ;
  • Les vols arrivent généralement à l’heure, voire même très souvent en avance (c’est aussi du au fait qu’ils gonflent les horaires par rapport aux autres compagnies) !

Au niveau de l’expérience passager, il n’y a donc aucun doute, le rapport qualité/prix est plutôt de bon niveau.

Vol Ryanair en approche sur Marseille © RYRthebest / Flight Report

Qu’en conclure ?

La gestion de Ryanair est relativement agressive. Les coûts sont réduits au maximum et jusque dans les moindres détails. Si les conditions tarifaires d’un aéroport ne conviennent plus, aucun problème, la compagnie va voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Mais finalement, par ses choix stratégiques, Michael O’Leary parvient à atteindre son objectif, celui, comme il le disait encore fin mars à l’occasion de l’ouverture d’une nouvelle base à Karlsruhe « de permettre aux passagers d’échapper aux prix élevés des compagnies nationales ». Les voyageurs sont ravis de payer un billet bien moins cher et sont prêts à accepter pour ce tarif de voyager moins confortablement, d’emmener leur propre repas, d’attendre dans des terminaux fonctionnels mais pas forcément très attrayants.

Mais aujourd’hui, la réalité (prix du carburant, surveillance de l’UE…) est telle que Ryanair se voit dans l’obligation d’augmenter le prix de ses billets. On peut considérer qu’elle se trouve dans une période de mutation. La flotte se renouvelle mais ne s’agrandit pas (les anciens avions étant revendus) ; les destinations les moins rentables sont amenées à disparaître petit à petit ; plutôt que de ne se tourner que vers les aéroports aux services simplifiés et moins coûteux, la compagnie s’installe dans les aéroports standards parfois plus généreux. Malgré tout, la chasse aux économies se poursuit. Mais après avoir repensé le format de ses magazines de bord et prévu d’emmener moins de glaçons pour peser moins lourd et économiser du carburant, quelle sera la prochaine étape de la réduction des coûts ? Qu’est-ce qui viendra après la surveillance du poids des personnels navigants, soi-disant pour les encourager à participer au calendrier d’hôtesses dénudées ? We’ll see !

En attendant, n’hésitez pas à nous faire partager votre expérience de Ryanair si vous le souhaitez 🙂

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